Centre Epaule Paris Est
call_log 01 84 60 20 60

Labrum/Bourrelet Slap Lésion

Le labrum est un cartilage qui entoure l'articulation et aide à stabiliser l’épaule. En cas de déchirure, des douleurs ou des sensations de déboîtement peuvent être ressenties.
Le tendon du long biceps est en continuité avec le labrum et peut aussi être touché.

Labrum/Bourrelet Slap Lésion

Qu’est-ce que le labrum (ou bourrelet glénoïdien) ?

L’articulation gléno-humérale de l’épaule comprend la tête de l’humérus et la glène de l’omoplate. La glène est entourée du labrum : il s’agit d’un fibro-cartilage augmentant la surface de contact (la «congruence») avec la tête de l’humérus, et donc la stabilité.

IMAGE

Au sommet de la glène, le tendon du Long Biceps s’insère sur le labrum.

Qu’est-ce qu’une lésion du labrum ?

Le labrum est constitué d’un tissu épais, fibreux, susceptible d’être déchiré ou arraché de la glène par un traumatisme de l’épaule. Avec l’âge, le labrum devient plus fragile et peut s’effilocher progressivement.

Le plus souvent, la lésion du labrum est située à la partie avant et inférieure de la glène (dans la « Lésion de Bankart »). Il en résulte des douleurs et une possible instabilité d’épaule (avec subluxations, voire luxations gléno-humérales).

Les récents progrès de la médecine ont permis d’en savoir plus sur ces lésions qui étaient encore peu connues il y a 25 ans. L’arthro-scanner et surtout la visualisation directe des lésions par caméra articulaire (Arthroscopie) ont participé à la meilleure connaissance de ce type de pathologie, de leur diagnostic à leur traitement.

Qu’est-ce qu’une SLAP Lesion ?

“Superior Labral Antero-Posterior Lesion”.

Il s’agit d’un arrachement de la partie supérieure du labrum et du tendon du Long Biceps qui s’insère dessus : c’est donc une lésion « labro-bicipitale ». Il existe 4 stades de SLAP Lesion en fonction de la gravité, allant d’une simple érosion du tendon à sa luxation complète dans l’articulation gléno-humérale.

Deux principaux mécanismes peuvent causer une SLAP Lesion :

  • Chute sur la paume de la main, coude en extension, occasionnant un traumatisme de l’insertion du Long Biceps dû à sa compression par la tête humérale (chute au foot, rugby…)
  • Arrachement du Long Biceps par un geste de lancer violent ou par les lancers répétitifs : lanceurs au baseball, tennis…

Quels sont les symptômes d'une lésion labrale ou d’une SLAP Lesion ?

La douleur avec sensation de gêne dans l’épaule sont les principaux symptômes, en particulier lors des mouvements au dessus des épaules. La douleur n’est pas permanente et, contrairement aux ruptures de la coiffe des rotateurs, elle est moins présente la nuit.

Parfois une perte de force et une diminution des amplitudes articulaires de l’épaule peuvent être observées.

Ces symptômes engendrent une incapacité à la pratique du sport.

Par ailleurs, la lésion du labrum peut engendrer une sensation d’instabilité avec subluxations, voire luxations gléno-humérales (cf Rubrique Luxations d’épaule) .

Quels examens doivent-être réalisés ?

Les radiographies standards. Elles sont le plus souvent normales en cas de lésion labrale ou de SLAP Lesion. En cas d’instabilité associée, elles peuvent montrer une encoche de la tête humérale ou une érosion du bord inférieur de la glène. Elles permettent également d’éliminer une fracture devant des douleurs d’épaule.

L’Arthro-scanner ou l’Arthro-IRM : le scanner ou l’IRM réalisés après injection intra-articulaire d’un produit de contraste permettent de visualiser la diffusion de celui-ci à travers la déchirure du labrum et éventuellement du tendon Long Biceps. La taille et la gravité de la déchirure labrale ou de la SLAP Lesion sont étudiées. Une lésion de la coiffe des rotateurs est également recherchée.

Malgré la précision de ces examens, le labrum est une zone difficile à analyser et la lésion n’est donc pas toujours visualisée, en particulier si elle est de petite taille (la précision est d’environ 85% pour l’arthro-scanner et 90 à 95% pour l’arthro-IRM)

L’échographie est beaucoup moins utile dans ce type de pathologie.

Quel est le traitement d’une lésion labrale ou d’une SLAP Lesion ?

Le traitement dépend avant tout du type de lésion.

Le traitement médical est proposé en première intention :

  • Repos strict avec arrêt de sport pendant 6 semaines
  • Recherche et correction d’un mouvement sportif « parasite » pouvant être à l’origine des douleurs. Par exemple, la correction d’un mauvais mouvement de l’épaule lors des mouvements de natation peut faire disparaître les douleurs.
  • Rééducation : Récupération douce des amplitudes articulaires, entretien musculaire du deltoïde et de la coiffe des rotateurs, centrage gléno-huméral
  • Antalgiques (Paracétamol, Tramadol) et Anti-inflammatoires (Ibuprofène, Kétoprofène…).

Si les symptômes persistent malgré ce traitement, une intervention chirurgicale  peut être envisagée.

  • Arthroscopie d’épaule : l’introduction d’une caméra (de la taille d’un crayon) dans l’articulation permet, d’une part de confirmer le diagnostic précisément, d’établir un bilan précis des lésions et de la zone du labrum qui est concernée par la lésion, et d’autre part de traiter la lésion.
    IMAGE
  • En cas de lésion isolée du labrum, la déchirure est soit régularisée si elle est de petite taille ou effilochée (débridement du labrum) soit réparée en la réinsérant sur l’os de la glène grâce à de petites ancres (réinsertion du labrum).
  • En cas de lésion de Bankart entraînant une instabilité gléno-humérale, le labrum et la capsule sont réinsérés et retendus.
    IMAGE
  • En cas de SLAP Lesion, le tendon du Long Biceps fait l’objet d’une réparation par ancres ou d’une ténotomie / ténodèse (le tendon est coupé de son insertion et réinséré sur l’humérus) permettant, après cicatrisation, de récupérer sa force musculaire.
    IMAGE
    Immobilisation, Rééducation et Reprise du sport après l’Arthroscopie
  • En cas de geste de réparation du labrum ou du biceps :L’épaule est immobilisée par attelle coude-au-corps pendant 5 à 6 semaines afin de protéger la réparation et favoriser la cicatrisation optimale du labrum, du biceps ou d’une lésion de Bankart.La rééducation est débutée précocément, généralement au cabinet du kinésithérapeute :– entretien musculaire du deltoïde et de la coiffe des rotateurs– mobilisation pendulaire de l’épaule pendant 3 semaines, puis active en limitant les rotations.La rotation est débutée à partir de la 6e semaine.En cas de réparation d’une SLAP Lesion, la récupération de la force du biceps est débutée à la 6e semaine.La reprise des sports contraignants l’épaule est autorisée progressivement à partir du 6e mois. Les sports moins dangereux pour l’épaule (course à pied par exemple) peuvent être repris dès le 3e mois.
  • En l’absence de réparation (débridement du labrum et/ou ténodèse du Long Biceps) :Une simple écharpe est mise en place pendant 2 à 3 semaines, pour limiter les douleurs post-opératoires.La rééducation est débutée rapidement, en pendulaire pendant 15 jours puis en actif, sans limitation d’amplitudes.La reprise du sport est autorisée dès que les douleurs ont disparu et que l’épaule a retrouvé une fonction normale, généralement 6 semaines à 3 mois après l’intervention.

Quels sont les risques de l’intervention sous Arthroscopie ?

Pour la grande majorité des cas, l’intervention se déroule normalement et sans anomalie, les suites sont favorables et le patient est satisfait du résultat. Cependant, comme pour toute intervention chirurgicale, des complications peuvent survenir, pendant ou après la procédure.

Le patient doit en être conscient avant l’intervention.

  • Le risque principal est la persistance des douleurs et éventuellement de l’instabilité. Ceci peut être lié à une mauvaise cicatrisation des lésions réparées.
  • Une infection peut malheureusement parfois survenir. Pour en prévenir les risques, une dose d’antibiotique est systématiquement administrée au patient pendant l’intervention. Une infection superficielle (au niveau du site de l’incision) est traitée par antibiotiques. Une infection des tissus plus profonds (jusqu’à l’articulation) nécessite une reprise chirurgicale pour lavage et évacuation de l’infection.
  • Lésions de vaisseaux ou de nerfs pendant l’intervention.
  • Enraidissement : la récupération des amplitudes peut s’avérer difficile avec parfois une limitation franche des mouvements, avec ou sans douleurs. Ce tableau peut entrer dans le cadre d’une algodystrophie (maladie inflammatoire chronique provoquant une inflammation importante du membre concerné avec limitation des mouvements et douleurs, pouvant évoluer pendant 12 à 18 mois).